Le paiement, c'est le moment où le client sort sa carte. Tout ce qui crée une hésitation à cet instant coûte directement de l'argent.
Chapitre 6.1
Activer les bons moyens de paiement
La réalité du terrain
Le bon équilibre pour une boutique française : carte bancaire, PayPal, et les paiements express (Apple Pay, Google Pay). Ça couvre l'immense majorité des cas, sans noyer le client dans une grille de logos.
Le pas-à-pas dans l'admin
Paramètres > Paiements. Active Shopify Payments en priorité : c'est le seul moyen de ne pas payer la commission de transaction supplémentaire de Shopify (vue au module 1). Sur 5 000 € de chiffre d'affaires mensuel, ça représente environ 100 € par mois d'économie. Une fois activé, Apple Pay et Google Pay s'activent en une case à cocher.
PayPal reste utile en méthode alternative : une partie des clients français ne veut pas saisir sa carte sur un site inconnu. Une vente à commission plus élevée vaut mieux qu'une vente perdue.
Piège coûteux
Le mode test de Shopify Payments (« Bogus Gateway ») sert à passer des commandes sans débiter de vraie carte, utile pour tester ton parcours. Mais si tu oublies de le désactiver avant l'ouverture, toutes les vraies commandes échouent ou ne prélèvent rien. Vérifie Paramètres > Paiements > Shopify Payments > Gérer, section mode test, avant de lever le mot de passe.
Chapitre 6.2
Ménage dans le checkout
La réalité du terrain
Chaque champ à remplir au checkout est une occasion d'abandonner. Le checkout Shopify est très bien optimisé par défaut, testé sur des milliards de transactions : tu n'as pas grand-chose à faire, et surtout tu ne dois rien casser.
Paramètres > Checkout. Comptes clients : mets « facultatif » ou « pas de compte ». Obliger à créer un compte pour acheter est un des plus gros tueurs de conversion connus. Formulaire d'adresse : masque « Nom de l'entreprise » sauf si tu vends à des professionnels, c'est le champ inutile numéro un du commerce grand public. Rends le téléphone facultatif, sauf si ton transporteur l'exige.
Le piège du débutant
Ajouter des champs personnalisés « pour mieux connaître le client » (comment nous avez-vous connus, date de naissance, message cadeau). Chaque champ ajouté fait baisser la conversion, et l'information récoltée ne sert quasiment jamais. Si tu veux savoir comment on te trouve, regarde tes statistiques d'acquisition.
Astuce de commerçant
Active la relance de panier abandonné (Paramètres > Checkout > Panier abandonné), délai entre 4 et 10 heures. Personnalise le texte à la première personne, propose de l'aide plutôt que de relancer sèchement. C'est le mail automatique le plus rentable de toute la boutique, et il ne coûte rien.
Votre tunnel d'achat laisse-t-il passer toutes les commandes ?
Voir la formule SOS BugChapitre 6.3
La conformité RGPD de la newsletter
La réalité du terrain
La règle est courte : le consentement doit être libre, spécifique, éclairé et univoque. Trois interdits : la case ne doit pas être pré-cochée, l'inscription ne doit pas être une condition pour commander, et le client doit comprendre à quoi il s'inscrit.
Paramètres > Checkout, section Options de marketing. Décoche la pré-coche. Le texte doit être explicite : « Je souhaite recevoir les nouveautés et offres par email » est correct, « Tenez-moi informé » est trop vague. Le lien de désinscription doit figurer dans chaque email marketing, visible, en un clic.
Le piège du débutant
Croire que « c'est bon, j'ai mis un bandeau cookies ». Le bandeau cookies (traité au module 7) et le consentement newsletter sont deux sujets distincts, avec deux mécanismes différents. Le bandeau concerne le dépôt de traceurs, la case newsletter concerne l'usage commercial de l'adresse email. Il faut traiter les deux, séparément.
Chapitre 6.4
Les éléments de réassurance
La réalité du terrain
La réassurance, c'est tout ce qui répond à la question silencieuse du client : « est-ce que je vais me faire avoir ? ». Le problème, c'est que la plupart des débutants confondent réassurance et décoration. Un site couvert de « 100 % SÉCURISÉ » en gros ressemble à un site douteux.
Ce qui rassure vraiment, par ordre d'efficacité
Les avis clients, loin devant tout le reste. Une identité visible (photo, prénom, adresse postale réelle). Des informations précises (délai chiffré, politique de retour en français normal). La qualité générale du site (pas de faute, pas de lien mort). Et en dernier, en petit, les badges de paiement.
Piège coûteux
Les faux compteurs et les fausses urgences (« 27 personnes regardent ce produit », un compte à rebours qui se réinitialise à chaque visite). Le client revient trois jours plus tard, voit le même compte à rebours redémarré à zéro, et comprend. À partir de là, plus rien de ce que tu écris n'est crédible. Il y a aussi un angle réglementaire : les fausses indications d'urgence relèvent de la pratique commerciale trompeuse.
Le conseil du commerçant
Réclame tes avis systématiquement, et n'aie pas peur des mauvais. Garde-les, publie-les, réponds-y publiquement, calmement. Une page d'avis 100 % parfaite n'est pas crédible et les acheteurs expérimentés le savent. C'est le seul contenu de ta boutique que tu n'écris pas toi-même, et c'est pour ça qu'on le croit.
David — e-commerçant depuis 2009, sur Shopify depuis 2018, plus de 77 000 clients servis sur mes propres boutiques. Le checkout, c'est la page que je touche le moins souvent, justement parce que Shopify la fait déjà bien.